Community Manager du Futur

Jack 3 low

SDF : Star du Festival

Son « Red Carpet » la rue depuis l’âge de quatorze ans.

Acteurs de la vie cannoise, touristes, congressistes ! Jack va rentrer dans votre champ de vision. Un papier blanc à la main, c’est son badge. Une accréditation qu’il dépose tête baissée sur votre table. Puis un moment passe, il revient pour la récupérer. Argent ou non. Il reste poli, et continue sa route vers d’autres figurants.

Décor : Jour, soleil ! Terrasse de café sur la croisette. L’unique personnage Jack arrive. Il commence son récit.

Flashback :

Jack, grand blond aux yeux clairs, né en Allemagne près de la frontière belge et hollandaise. D’un père serveur dans un restau d’aéroport et d’une mère au foyer. Un rôle facile apparemment mais un scénario marital difficile. Jack, quatre ans voit ses parents divorcer.

Il reste sous la garde de sa mère. L’amour, l’attention, la tendresse, ne sont pas pour lui. Sa mère se remarie et ses manques grandissent face à la fratrie. Il ressent rejet, injustice, abandon du premier amour de sa vie.

Balloté d’école en école sans les mêmes faveurs que ses demi-frères.

C’est à quatorze ans qu’il quitte le foyer familial.

Changement de décor. Il passe par la Hollande et ses coffee shop. Il flirte avec le cannabis, la cocaïne et l’alcool. Il voyage à travers l’Europe.

A dix-huit ans, retour dans ses premiers décors, en Allemagne, pour le service militaire. Parachutiste dans les forces spéciales, il sert son pays pendant un an. Et décide par la suite de continuer à sauter et enseigner le parachutisme, dans un club privé belge.

C’est avec ce goût du risque qu’il traverse la frontière. Laissant le plat pays, pour poursuivre sa visite de l’Europe du sud, avec l’ardente Espagne. Ses rivages et ses îles, taillés en plongeoirs naturels attirent Jack pour une multitude de sauts et plongeons. A jouer avec la même scène, son plaisir de sauter lui provoque des déboitements d’épaules à répétition.

Par la suite, cette faiblesse corporelle l’oblige à quitter la légion étrangère. Au bout d’un an de bons et loyaux services.

Signe du destin, comme un « dommage collatéral » imprévu dans le script. Il perd son bras dans un accident de voiture.

Jack, toujours dans la rue est très courageux. Il Apprend à vivre avec son moignon tatoué. Là, l’accessoiriste ne peut rien pour lui.

Venu de Saint Raphaël. C’est à pied qu’il arrive à Cannes.

De nos jours :

Il y a maintenant huit ans qu’il vit toujours dans la rue. Il sillonne le sol cannois avec sa gentillesse, son respect, sa politesse et sa propreté.

Toujours prêt à rendre service, même sans rien attendre. Garder un stand sur les allées, ouvrir et fermer un manège. Ces petits riens lui font glaner quelques euros.

Il mange grâce au resto du cœur vers Forville. Egalement pris en charge par les services sociaux de la ville.

Une question me travaille depuis quelques instants.

  • Dis-moi Jack ! Avoir un toit sur la tête serait merveilleux pour toi !?

Et là, sa réponse est claire et nette.

  • Je préfère vivre dans la rue. Je suis libre. Je peux dormir où je veux. Parfois, on essaie de me voler pendant la nuit. Ce n’est pas grave.

 

A quarante-deux ans. Propre, rasé de près tous les jours. Sa maison sur le dos. Ses pieds comme véhicule. La foi en la vie, même avec ce bras qui n’est plus.

Lorsque nous n’avons plus rien. Il nous reste tout.

Clap de fin d’un moment très agréable ! Ô combien porteur de leçons !

 

 

 

 

 

 

Sandrine Darcos                                                           Photos

community-manager-cannes.com                           Paul Oatway

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